Le président russe en Iran : Syrie, nucléaire et hydrocarbures au menu des discussions

Le président russe Vladimir Poutine qui a entamé mercredi une visite en Iran a eu des discussions avec les dirigeants iraniens, de l'accord sur le nucléaire iranien et du renforcement de la coopération économique entre la Russie et l'Iran.

«La Russie est un pays ami et le partenaire stratégique de l'Iran», a déclaré le président iranien Hassan Rohani, après avoir rencontré son homologue russe.

«M. Rohani a appelé au renforcement de la coopération bilatérale» entre Moscou et Téhéran, selon un communiqué de la présidence iranienne, soutenant qu'«en Syrie, la coopération de l'Iran et de la Russie a eu un grand effet dans la lutte contre le terrorisme».

Selon M. Rohani, M. Poutine a assuré l'Iran de son soutien face aux menaces américaines de dénoncer l'accord sur le nucléaire conclu en 2015. Après la rencontre, M. Poutine a été reçu par le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, avant de retrouver le président iranien et leur homologue azerbaïdjanais, Ilham Aliev, pour un sommet tripartite entre Etats riverains de la mer Caspienne.

En marge de la visite, le géant russe des hydrocarbures Rosneft (semi-public) a annoncé avoir signé avec la société publique pétrolière iranienne Nioc une «feuille de route» pour la mise en œuvre de projets communs dans le domaine de la production de pétrole et de gaz en Iran.

Cité par l'agence Interfax, le directeur général de Rosneft, Igor Setchine, a déclaré qu'il était question de «toute une série» de gisements qui seront exploités avec des partenaires iraniens pour un «investissement total» pouvant aller «jusqu'à 30 milliards de dollars», selon Interfax.

A noter que le général Valéri Guerassimov, chef d'état-major de l'armée russe, a précédé M. Poutine à Téhéran et a discuté en matinée avec son homologue iranien, le général Mohammad Bagheri de «la Syrie (...) et de la lutte contre le terrorisme», avait souligné l'agence Irna.

La dernière visite de M. Poutine à Téhéran, en novembre 2015, avait été l'occasion d'afficher une entente parfaite sur la question syrienne.

Le président russe est arrivé à Téhéran au lendemain de l'annonce par le Trésor américain de nouvelles directives mettant en œuvre une loi promulguée en août par le président Donald Trump, instituant de nouvelles sanctions contre la Russie et l'Iran, deux pays que ce texte législatif qualifie d'«adversaires de l'Amérique».

Moscou a par ailleurs vivement dénoncé les récents propos de Donald Trump ayant menacé de faire sortir son pays de l'accord sur le nucléaire iranien conclu entre l'Iran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie).

Le sommet tripartite entre la Russie, l'Azerbaïdjan et l'Iran est lui le deuxième du genre, après celui de Bakou en 2016.

Les trois présidents devraient notamment discuter du projet de construction de la ligne ferroviaire de 172 km qui doit relier Racht (en Iran) à Astana (Azerbaïdjan), des projets d'exploitation commune de   gisements pétroliers et gaziers de la mer Caspienne, ainsi que de la coopération culturelle et humanitaire. 

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